Fondements économiques et théoriques du modèle J S F / EUAS

 

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Le modèle JSF / EUAS s'inscrit dans le prolongement de plusieurs courants majeurs de la pensée économique consacrés à l'industrialisation, à la croissance, à la transformation des structures productives, à l'organisation des marchés et à la mobilisation du capital.

L'architecture proposée repose sur une combinaison de mécanismes économiques étudiés depuis plusieurs décennies : investissements coordonnés, économies d'échelle, effets d'entraînement intersectoriels, croissance cumulative, spécialisation productive, développement des marchés, intégration économique régionale et diversification des risques.

Ces travaux apportent un éclairage sur les choix structurants du programme. Leur rapprochement permet notamment de comprendre pourquoi une stratégie d'industrialisation de grande ampleur peut associer simultanément investissements financiers, infrastructures, développement industriel, constitution de marchés, formation professionnelle et création d'emplois.

JSF / EUAS propose une organisation spécifique de ces mécanismes, reposant sur un groupe privé international, une architecture financière intégrée, des partenariats industriels et une coordination opérationnelle entre les pays participants, dans le respect de leur souveraineté.

1. Paul Rosenstein-Rodan et Ragnar Nurkse : la nécessité d'une impulsion coordonnée

Paul Rosenstein-Rodan, dans ses travaux de 1943 sur l'industrialisation de l'Europe orientale et sud-orientale, développe les fondements de ce qui deviendra la théorie du Big Push, ou Grand Élan. Son analyse repose sur l'existence de complémentarités entre investissements. L'installation d'une entreprise industrielle isolée peut se heurter à l'insuffisance des infrastructures, des fournisseurs, des qualifications professionnelles et de la demande locale. En revanche, le développement coordonné de plusieurs activités permet à chacune de bénéficier des investissements réalisés dans les autres.

Ragnar Nurkse approfondit cette problématique dans Problems of Capital Formation in Underdeveloped Countries (1953). Il met notamment en évidence les relations entre faibles revenus, insuffisance de l'épargne, faibles investissements, productivité limitée et étroitesse des marchés. Cette interdépendance contribue à expliquer pourquoi certains pays peuvent rester enfermés dans un équilibre économique peu productif, malgré l'existence de ressources naturelles, de main-d'œuvre et d'opportunités industrielles.

Application à JSF / EUAS

Le programme reprend le principe d'une impulsion coordonnée, associant notamment :

La création de zones industrielles et commerciales.

Le développement des infrastructures énergétiques, logistiques et de transport.

La constitution de chaînes de production complémentaires.

L'installation d'entreprises industrielles et de services.

La formation et l'emploi d'une main-d'œuvre qualifiée.

L'élargissement progressif des marchés domestiques et régionaux.

L'objectif est de créer simultanément les conditions nécessaires à l'investissement productif, plutôt que d'attendre que chacune apparaisse indépendamment.

Les interventions de la JAB, de JAP et des partenaires industriels internationaux participent à cette coordination, tandis que la JAF organise la mobilisation des ressources financières.

2. Albert Hirschman : les effets d'entraînement et la sélection des investissements

Dans The Strategy of Economic Development (1958), Albert Hirschman développe une approche sensiblement différente de celle de Rosenstein-Rodan et de Nurkse. Alors que les stratégies de croissance équilibrée privilégient la coordination d'investissements complémentaires, Hirschman défend l'intérêt d'une croissance déséquilibrée, reposant sur des investissements stratégiques capables d'en susciter de nouveaux. Il distingue notamment deux catégories d'effets d'entraînement :

Les effets en amont, lorsqu'une activité industrielle crée une demande pour ses fournisseurs, ses équipements, ses matières premières et ses services.

Les effets en aval, lorsqu'une production devient disponible pour d'autres entreprises qui peuvent l'utiliser comme intrant et développer de nouvelles activités.

Une aciérie peut ainsi entraîner le développement des activités minières, énergétiques et logistiques en amont, puis des industries mécaniques, automobiles ou de construction en aval.

Application à JSF / EUAS

Les effets d'entraînement décrits par Hirschman se retrouvent dans la stratégie de constitution de chaînes industrielles complémentaires. L'implantation d'une activité productive doit favoriser l'apparition ou le développement d'entreprises intervenant en amont et en aval, notamment dans la fourniture de matières premières, la transformation industrielle, la logistique et les services. La sélection des investissements tiendra compte de leur rentabilité propre, mais également de leur capacité à susciter de nouvelles activités et à renforcer les écosystèmes industriels. Cette approche permettra de démultiplier les effets économiques des capitaux engagés et d'orienter progressivement le développement des zones industrielles.

Articulation entre Rosenstein-Rodan et Hirschman

Ces deux approches comportent une divergence doctrinale réelle : l'une privilégie la coordination d'investissements complémentaires, tandis que l'autre insiste sur la capacité de certains investissements à provoquer des déséquilibres productifs et de nouvelles initiatives. Le modèle JSF / EUAS associe des mécanismes issus de ces deux analyses, sans prétendre les confondre. Le Big Push justifie l'impulsion initiale, la mobilisation de capitaux importants et la coordination des grandes fonctions nécessaires à l'industrialisation. Les effets d'entraînement décrits par Hirschman contribuent ensuite à orienter la sélection des investissements, les implantations industrielles et le développement progressif des chaînes de valeur. L'approche simultanée des grandes composantes du programme reste ainsi compatible avec un déploiement différencié selon les pays, les secteurs, les opportunités et les résultats obtenus. Cette articulation constitue l'un des principes de la flexibilité du modèle : conserver une architecture d'ensemble ambitieuse tout en adaptant les décisions d'investissement aux réalités économiques.

3. Arthur Lewis : transformation structurelle et emploi productif

Arthur Lewis, dans Economic Development with Unlimited Supplies of Labour (1954), analyse les mécanismes de transformation d'une économie caractérisée par la coexistence d'un secteur traditionnel à faible productivité et d'un secteur moderne utilisant davantage de capital. Le développement du secteur moderne peut favoriser le transfert progressif de travailleurs vers des activités plus productives, l'accumulation de capital et l'augmentation des revenus. Cette approche permet d'éclairer l'un des enjeux fondamentaux de l'Afrique subsaharienne : transformer une population active en forte croissance en une ressource productive capable de soutenir l'expansion économique.

Application à JSF / EUAS

Le programme vise la création massive d'emplois formels dans l'industrie, les infrastructures, la construction, la logistique et les services. Les investissements doivent permettre d'accroître la productivité, de développer les qualifications professionnelles, d'élargir la base fiscale et d'alimenter progressivement une demande intérieure solvable. La transformation structurelle ne se limite pas au transfert de main-d'œuvre vers l'industrie. Elle suppose également l'amélioration de la productivité agricole, le développement des services modernes et la progression des qualifications. Le modèle de Lewis apporte ainsi un fondement économique à la stratégie de développement de l'emploi productif, sans supposer que chaque nouvel investissement industriel entraîne automatiquement une absorption proportionnelle de la main-d'œuvre disponible.

4. Nicholas Kaldor et Gunnar Myrdal : les mécanismes cumulatifs de croissance

Les travaux de Nicholas Kaldor accordent une importance particulière à la croissance de la production manufacturière, aux rendements croissants, à la productivité et au rôle de la demande extérieure. La relation connue sous le nom de loi de Kaldor-Verdoorn met en évidence le lien entre croissance de la production industrielle et progression de la productivité. L'expansion des débouchés peut favoriser l'augmentation des volumes de production, la spécialisation, les économies d'échelle et l'amélioration de la compétitivité. Ces mécanismes peuvent alors contribuer à renforcer la croissance et les capacités d'exportation.

Gunnar Myrdal, notamment dans Economic Theory and Under-developed Regions (1957), développe la notion de causalité circulaire et cumulative. Selon cette approche, les mécanismes économiques peuvent se renforcer mutuellement, aussi bien dans les trajectoires de développement que dans celles de stagnation. L'augmentation des investissements, de l'emploi, des revenus et de la demande peut alimenter un processus cumulatif favorable. Inversement, l'insuffisance des investissements et la faiblesse des débouchés peuvent entretenir le sous-développement.

Application à JSF / EUAS

L'industrialisation doit permettre l'apparition de mécanismes de croissance interdépendants. L'investissement stimule l'emploi et la production ; l'augmentation des revenus élargit les marchés ; la progression de la demande encourage de nouveaux investissements ; les économies d'échelle et les gains de productivité peuvent améliorer la compétitivité. Le développement du TECAS et l'intégration progressive des marchés des pays participants doivent amplifier ces mécanismes en élargissant les débouchés accessibles aux entreprises. La croissance des marchés africains peut également bénéficier aux économies extérieures, notamment européennes, dont les entreprises seront susceptibles de fournir équipements, technologies, services et biens intermédiaires. L'intérêt économique du programme dépasse ainsi le seul périmètre des pays directement concernés par son industrialisation.

5. Alexander Gerschenkron : les possibilités de rattrapage industriel

Dans Economic Backwardness in Historical Perspective (1962), Alexander Gerschenkron montre que les pays engagés tardivement dans l'industrialisation ne suivent pas nécessairement le parcours historique des premiers pays industrialisés. Le retard économique peut favoriser l'adoption de technologies et de méthodes de production déjà éprouvées ailleurs. Gerschenkron souligne également le rôle que peuvent jouer les institutions financières et les organisations capables de mobiliser les capitaux nécessaires aux investissements industriels.

Application à JSF / EUAS

Le programme repose précisément sur la possibilité de mobiliser les technologies, les compétences, les équipements et les capitaux disponibles à l'échelle internationale afin d'accélérer la constitution d'appareils productifs modernes.

La JAF et la JAB organisent deux fonctions complémentaires : la mobilisation internationale des financements et leur affectation aux investissements africains.

Le recours aux grands groupes industriels internationaux permet d'envisager l'implantation d'activités industrielles avancées sans reproduire toutes les étapes historiques de leur développement. L'industrialisation tardive devient ainsi un facteur potentiel d'accélération, sous réserve de disposer des qualifications, des infrastructures, de la sécurité juridique et des marchés nécessaires.

6. Paul Krugman et Michael Porter : concentration industrielle et écosystèmes productifs

Les travaux de Paul Krugman sur la nouvelle géographie économique mettent en évidence l'influence des économies d'échelle, des coûts de transport et de la taille des marchés sur la localisation des activités productives. Ces mécanismes contribuent à expliquer la concentration géographique des entreprises et l'apparition de grands pôles industriels.

Michael Porter développe pour sa part l'analyse des clusters, ensembles territoriaux réunissant entreprises, fournisseurs, prestataires spécialisés, centres de formation et autres institutions associées à une même activité économique.

La proximité de ces acteurs peut favoriser la productivité, l'innovation, les échanges de compétences et l'émergence de nouvelles entreprises.

Application à JSF / EUAS

Le programme prévoit la création de zones industrielles et commerciales intégrées, accompagnées de plateformes logistiques, d'infrastructures et de nouveaux ensembles urbains. Ces zones doivent permettre aux entreprises de bénéficier de services communs, d'une meilleure organisation des chaînes d'approvisionnement et de la présence d'activités complémentaires. La concentration des investissements dans des espaces définis facilite également l'organisation des infrastructures, des services et de la sécurité. Les zones ne doivent toutefois pas se transformer en enclaves économiques isolées. Leur efficacité dépendra aussi de leurs relations avec les entreprises locales, les territoires environnants et les marchés régionaux. Le développement de corridors industriels et logistiques doit contribuer à étendre ces effets au-delà des sites initiaux.

7. Joseph Schumpeter, Ricardo Hausmann et Dani Rodrik : innovation, entrepreneuriat et diversification

Joseph Schumpeter place l'innovation et l'entrepreneuriat au cœur de la transformation économique. L'apparition de nouveaux produits, procédés, marchés et modes d'organisation modifie les structures productives et crée des possibilités de développement.

Dans Economic Development as Self-Discovery (2003), Ricardo Hausmann et Dani Rodrik analysent les difficultés rencontrées par une économie pour identifier les productions dans lesquelles elle peut devenir compétitive. Les entrepreneurs qui découvrent de nouvelles activités rentables produisent une information utile à l'ensemble de l'économie. Mais ces découvertes sont coûteuses et incertaines, tandis que leurs résultats peuvent être imités. Cette analyse éclaire l'intérêt de favoriser l'expérimentation productive et l'apparition de nouvelles spécialisations, tout en réévaluant les activités selon leurs résultats.

Application à JSF / EUAS

La stratégie industrielle ne peut reposer exclusivement sur une liste initiale de secteurs considérés comme prioritaires. Elle doit également intégrer les évolutions technologiques, les opportunités de marché, les compétences disponibles et les résultats obtenus par les entreprises. Les activités de capital-investissement, les participations industrielles et les partenariats internationaux peuvent faciliter l'émergence de nouveaux groupes spécialisés. La sélection des projets doit donc associer une vision industrielle de long terme à une évaluation continue des performances, des risques et des possibilités de diversification. Cette approche correspond au caractère adaptable du modèle JSF / EUAS.

8. Ester Boserup : la participation économique des femmes

Dans Woman's Role in Economic Development (1970), Ester Boserup analyse la place des femmes dans les structures productives et les transformations de leur participation économique au cours du développement. Ses travaux montrent notamment que les mutations économiques ne bénéficient pas nécessairement de manière équivalente aux femmes et aux hommes, particulièrement lorsque persistent des obstacles à l'éducation, à l'emploi, à la qualification et à l'accès aux ressources productives.

Application à JSF / EUAS

Les femmes occupent une place prépondérante dans la conception du programme. Le développement de l'emploi féminin, l'accès aux qualifications, la participation à l'entrepreneuriat et aux responsabilités économiques représentent des facteurs importants d'élargissement de la population active productive et d'amélioration des revenus. L'industrialisation et l'urbanisation peuvent contribuer à transformer les conditions économiques et sociales dans lesquelles s'exerce cette participation. Le modèle JSF / EUAS associe ainsi la transformation des structures productives à l'élargissement des possibilités économiques offertes aux femmes, considérées comme des actrices essentielles de la croissance et du développement des marchés.

9. Douglass North : institutions et sécurité des échanges économiques

Douglass North, notamment dans Institutions, Institutional Change and Economic Performance (1990), analyse l'influence des institutions, des règles et des coûts de transaction sur les performances économiques. La qualité de l'environnement institutionnel conditionne notamment la prévisibilité des échanges, la sécurité des contrats et les incitations à investir.

Application à JSF / EUAS

L'ampleur du programme et sa dimension internationale imposent une gouvernance rigoureuse, des engagements contractuels clairement définis et des dispositifs de contrôle adaptés. L'architecture du Groupe doit faciliter les relations entre investisseurs, entreprises, établissements financiers, partenaires industriels et États participants. La stabilité des règles internes, l'identification des risques, la conformité juridique et la capacité à faire respecter les engagements constituent des conditions essentielles de son fonctionnement. Ces dispositifs privés s'inscrivent dans le cadre juridique des pays concernés et des conventions internationales applicables. La qualité de la gouvernance du Groupe constitue ainsi un facteur de sécurisation des investissements et de réduction des incertitudes opérationnelles.

10. Harry Markowitz : diversification et maîtrise des risques financiers

Dans Portfolio Selection (1952), Harry Markowitz établit les fondements de la théorie moderne du portefeuille. Son apport central consiste à montrer que le risque d'un portefeuille ne dépend pas uniquement du risque propre à chacun de ses actifs, mais également des relations entre leurs rendements. La diversification permet ainsi, sous certaines conditions, d'améliorer l'équilibre entre rendement attendu et risque global.

Application à JSF / EUAS

La stratégie financière du Groupe repose sur une diversification des investissements entre pays, secteurs, entreprises, catégories d'actifs et zones géographiques.  Cette diversification constitue l'un des principes de la protection du capital. Les activités de marchés financiers et de capital-investissement conduites par la JAF, les interventions de la JAB et les fonctions de stabilisation du JSSF s'inscrivent dans une architecture globale de répartition et de maîtrise des risques.

La diversification doit être complétée par des mécanismes de couverture, de provisionnement, de liquidité, d'assurance et de gestion des crises. L'intérêt de la référence à Markowitz est d'apporter un fondement théorique à la diversification financière, sans prétendre que celle-ci suffise à neutraliser les risques propres aux investissements industriels et aux marchés émergents.

11. Jacob Viner : intégration économique régionale et commerce international

Dans The Customs Union Issue (1950), Jacob Viner développe une analyse fondamentale des conséquences économiques de la constitution d'unions douanières. Ses travaux mettent en évidence deux mécanismes distincts :

La création de commerce, lorsqu'une réduction des barrières commerciales permet de remplacer une production nationale relativement coûteuse par des importations moins coûteuses provenant d'un pays partenaire.

Le détournement de commerce, lorsqu'une préférence tarifaire conduit à remplacer un fournisseur extérieur plus compétitif par un fournisseur appartenant à l'espace économique intégré, mais dont les coûts sont supérieurs. Cette distinction montre que l'intégration commerciale ne produit pas automatiquement une amélioration de l'efficacité économique. Ses résultats dépendent notamment de la structure des échanges, de la compétitivité des entreprises et des conditions tarifaires retenues. Elle constitue un fondement théorique important pour apprécier les avantages et les limites d'une union douanière.

Application à JSF / EUAS

Le Tarif Extérieur Commun d'Afrique Subsaharienne (TECAS) constitue l'un des instruments envisagés pour accompagner le développement industriel et l'intégration économique des pays participants. Son objectif est de contribuer à la constitution progressive d'un vaste marché régional, de favoriser les échanges entre les économies concernées et d'améliorer les conditions de concurrence auxquelles sont confrontées les productions locales. L'élargissement du marché accessible aux entreprises doit permettre d'augmenter les volumes de production, de favoriser les économies d'échelle, de développer les chaînes de valeur régionales et d'attirer des investissements industriels.

Le TECAS doit également contribuer à limiter certaines distorsions de concurrence liées aux importations susceptibles de compromettre l'émergence d'activités industrielles compétitives. La lutte contre les pratiques de dumping suppose, quant à elle, des instruments spécifiques compatibles avec les règles commerciales applicables. L'analyse de Viner conduit cependant à distinguer la création effective de valeur économique d'un simple déplacement géographique des échanges.

L'intérêt d'une production régionale ne réside pas uniquement dans sa localisation, mais dans sa capacité à développer l'emploi, les compétences, les investissements, la productivité et une compétitivité progressive. Le programme entend ainsi favoriser l'implantation d'entreprises industrielles sur le territoire africain, quelle que soit l'origine de leurs capitaux, dès lors qu'elles contribuent effectivement au développement de l'appareil productif régional.

La constitution du marché commun et la mise en place du TECAS interviendront progressivement. Leur préparation devra accompagner dès l'origine la stratégie industrielle, mais leur déploiement supposera des accords entre les États concernés et une adaptation aux conditions économiques et aux engagements internationaux applicables. Le développement des infrastructures, l'amélioration de la compétitivité et la constitution des premières chaînes industrielles contribueront à préparer les conditions d'une intégration commerciale efficace.

Articulation avec l'économie internationale

Le développement d'un marché africain intégré ne suppose pas une fermeture aux échanges avec le reste du monde. L'industrialisation nécessitera au contraire des importations importantes de machines, d'équipements, de technologies, de composants et de services spécialisés. Elle mobilisera également des entreprises, investisseurs, établissements financiers et partenaires industriels internationaux.

L'objectif consiste à organiser les conditions d'une montée en puissance de la production africaine, tout en préservant les complémentarités économiques avec les autres régions du monde. Les entreprises étrangères participant directement à l'industrialisation des pays concernés pourront ainsi bénéficier de l'expansion des marchés régionaux, tandis que leurs pays d'origine pourront profiter de l'augmentation des échanges commerciaux et des investissements.

Cette articulation permet de concilier la constitution d'un espace économique régional plus intégré avec le maintien d'une économie ouverte aux capitaux, aux technologies et aux échanges internationaux. Enfin, le TECAS relève d'une coopération économique entre États souverains. Sa mise en place n'implique pas la constitution préalable d'une fédération politique ni le transfert des activités et des actifs du Groupe JSF aux institutions publiques.

12. La cohérence économique du modèle JSF / EUAS du Big Push au TECAS

Les théories économiques présentées apportent des fondements reconnus aux différents mécanismes du programme. Leur contribution respective permet de comprendre les conditions de l'industrialisation, les dynamiques de croissance et les interdépendances entre investissements, production, emploi et marchés.

La singularité de JSF / EUAS réside dans leur combinaison au sein d'une architecture privée internationale capable de mobiliser des capitaux importants, de coordonner simultanément des investissements dans plusieurs secteurs et pays, de constituer des écosystèmes industriels et d'accompagner progressivement leur développement.

Cette architecture associe une impulsion initiale de grande ampleur, des investissements sélectionnés pour leur rentabilité et leurs effets d'entraînement, une gestion financière diversifiée et une capacité permanente d'adaptation. Le développement progressif du TECAS doit prolonger cette dynamique en favorisant l'intégration des marchés et l'expansion des échanges entre les pays participants.

Le modèle propose ainsi une réponse opérationnelle à des difficultés économiques analysées depuis plusieurs décennies, en réunissant dans une même organisation les capacités financières, industrielles et de coordination nécessaires à un programme d'industrialisation de grande ampleur.

Les modélisations financières, les analyses de risques et les hypothèses opérationnelles développées dans le dossier ont pour fonction d'en établir les conditions de faisabilité et d'en évaluer les résultats potentiels. Ajouté le 13/10/2026  

Références bibliographiques principales

 

Boserup, Ester (1970). Woman's Role in Economic Development.

Gerschenkron, Alexander (1962). Economic Backwardness in Historical Perspective.

Hausmann, Ricardo et Rodrik, Dani (2003). « Economic Development as Self-Discovery », Journal of Development Economics.

Hirschman, Albert O. (1958). The Strategy of Economic Development.

Kaldor, Nicholas (1966). Causes of the Slow Rate of Economic Growth of the United Kingdom ; (1970), « The Case for Regional Policies ».

Krugman, Paul (1991). « Increasing Returns and Economic Geography », Journal of Political Economy.

Lewis, W. Arthur (1954). « Economic Development with Unlimited Supplies of Labour », The Manchester School.

Markowitz, Harry (1952). « Portfolio Selection », The Journal of Finance.

Myrdal, Gunnar (1957). Economic Theory and Under-developed Regions.

North, Douglass C. (1990). Institutions, Institutional Change and Economic Performance.

Nurkse, Ragnar (1953). Problems of Capital Formation in Underdeveloped Countries.

Porter, Michael E. (1990). The Competitive Advantage of Nations ; (1998), « Clusters and the New Economics of Competition ».

Rosenstein-Rodan, Paul N. (1943). « Problems of Industrialisation of Eastern and South-Eastern Europe », The Economic Journal.

Schumpeter, Joseph A. (1911). Theorie der wirtschaftlichen Entwicklung (Théorie de l'évolution économique).

Viner, Jacob (1950). The Customs Union Issue.  

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